Rentrée en musique : gouvernement et rectorat jouent la partition du libéralisme

Jean-Michel Blanquer tristement connu pour avoir été en tant que directeur de la DGESCO l’un des principaux artisans des purges sarkoziennes dans l’école ( suppression de 80000 postes…) nous ressort les mêmes antiennes s’appuyant sur des pseudo connaissances scientifiques en nous chantant les mérites du « bon » manuel de lecture et les vertus des évaluations nationales , au mépris des pratiques et du savoir- faire des équipes enseignantes. Il a beau nous chanter l’air de « l’école de la confiance », nous savons bien que ces évaluations qui préfigurent un classement des écoles et des collèges seront avant tout un instrument au service de la concurrence.

Cependant, ce qui est nouveau c’est le tempo très rapide, imposé à toutes les décisions : il en est ainsi des CP à 12 en REP+. La CGT Educ’action est favorable à la réduction des effectifs, en particulier en éducation prioritaire mais cette mesure ne saurait se faire au détriment du dispositif « plus de maîtres que de classes » plébiscité par les équipes et ce alors qu’aucune évaluation n’en a été faite. Elle ne saurait se faire non plus au détriment des conditions de travail dans l’ensemble du 1°degré (postes de remplacement, effectifs dans les autres classes).

En ce qui concerne « l’assouplissement de la réforme des rythmes scolaires, là aussi le rythme a été très rapide ; si 30% des communes ont décidé de revenir à la semaine de 4 jours, au niveau national, seules 15,8% des communes ont souhaité le faire dans l’académie ; ceci avec des disparités très importantes (2,6% en Haute Garonne, 56,9% en Aveyron). Ce qui est sûr c’est que chaque commune en fera à sa guise. Le cadre national de l’éducation est ainsi un peu plus attaqué, et ces mesures contribuent à la désorganisation et aux inégalités sur le territoire. Plus aucune règle commune n’existera tant pour les élèves que pour les personnels. Cette désorganisation est renforcée par la baisse des contrats aidés : beaucoup de personnes en contrats aidés travaillent dans les municipalités à l’accueil des enfants ou à la cantine. L’éducation nationale elle-même est touchée par cette réduction qui touche les personnes les plus précaires (moins 20 000 dans l’éducation nationale). Seuls les emplois des personnes accompagnant les enfants handicapées seront en principe maintenus mais il est déjà question dans certains cas de la diminution des heures attribuées à chaque enfant et de mutualisation des emplois !

Pour la réforme du collège, l’arrêté ministériel en abroge certains principes en permettant le retour des options facultatives, des classes bi-langues et des classes européennes. Parallèlement, c’est la quasi suppression des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI). Mais l’arrêté conserve les aspects les plus contestables de la réforme, à savoir la modulation des horaires disciplinaires et la marge d’autonomie de l’établissement. Là encore c’est le renforcement de l’autonomie des établissements et la casse du cadre national.

Mais le ministre veut aller encore plus loin, comme en témoignent ses déclarations sur le recrutement des enseignants par les chefs d’établissements et les projets de sélection à l’université, sur la « rénovation » de la voie professionnelle dans une logique de rentabilité et de dérégulation C’est bien une école de la concurrence qui se met en marche, au son du clairon !

En ce qui concerne l’académie de Toulouse.

Le Rectorat dans son dossier de rentrée met l’accent sur les emplois en plus affectés en cette rentrée, mais ces emplois ne suffiront pas à faire face à l’augmentation des effectifs élèves : +3664 élèves dont 3357 élèves en Haute Garonne : dans ce département, le taux d’encadrement reste ainsi l’un des plus dégradés de France. Quant aux écoles rurales, le rectorat fait l’éloge des « protocoles pour un schéma pluri annuel de l’offre scolaire » : ces protocoles aboutissent à la fermeture d’écoles et de classes, au regroupement en RPI. 3% des écoles rurales ont ainsi fermé. Derrière les chiffres, il faut voir des villages toujours plus désertifiés et abandonnés ..

Abandon des services publics en milieu rural mais aussi dans les quartiers populaires. Au nom de la mixité sociale, depuis l’an dernier, le Rectorat mène tambours battants le démantèlement des collèges Badiou et Bellefontaine, mais il s’est heuré à la résistance et à la détermination des enseignants-parents et habitants du quartier soutenus par l’intersyndicale CGT Educ’action, Sud éducation et FO. La mobilisation va se poursuivre.

Nous l’avons chanté et crié depuis 2003 et nous revendiquons encore : « dans tous les quartiers, dans toutes les régions un même droit à l’éducation ! »

Flutes pour les plus riches, pipeaux pour les salariés.

Enfin, au nom de l’austérité, c’est avec un rythme endiablé que le jour de carence a été rétabli et que le gel des salaires des fonctionnaires a été instauré à nouveau… Parallèlement c’est avec le même rythme que sont prises les mesures au service des plus riches : par exemple il modifie l’impôt sur la fortune (2,5 milliards donnés aux plus riches !), réduit l’impôt sur les bénéfices des grandes entreprises

Tout cela est conjugué avec les ordonnances qui cassent le code du travail et généralisent la précarité.

Contre la casse des droits collectifs des ordonnances Macron. Contre la casse du service public d’éducation nationale

Le 12 septembre toutes et tous en grève !

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