Plénière du mouvement intra académique : déclaration des élu-es

Nous tenons à soulever dans le cadre de cette plénière les attaques contre l’éducation et la fonction publique qui vont impacter lourdement les carrières des enseignants.

Tout d’abord, les mesures actuelles du ministère auront des conséquences sur le nombre de postes, les missions et la charge de travail dans les années à venir.

En effet, les réductions des grilles horaires tant au lycée général qu’au lycée professionnel et l’optimisation des capacités de chaque division, suite aux suppressions des filières en lycée général et à la mixité des publics et des parcours en lycée professionnel vont entrainer mécaniquement des suppressions de postes.

 

L’augmentation des volumes horaires consacrés à des « non matières » : accompagnement personnalisé, orientation, « chefs d’œuvre » (108h à occuper même pour les filières de « services »…), modifient les missions qui nous sont confiées, au détriment des missions d’enseignement.

 

La réduction des effectifs enseignants entraînera une surcharge de travail pour celles et ceux qui auront eu la chance de garder leur poste. Nous voyons bien que la suppression des CIO a pour corollaire la tâche supplémentaire, pour les enseignants,  d’orientation en terminale.

Les réformes actuelles entrent dans la logique d’optimisation à outrance des personnels, au détriment des conditions de travail et de la qualité.

Ajoutons à cela les campus des métiers et des qualifications, vendus sous le nom d’ « Harvard du pro ». Il s’agit de pôles autour de filières de métiers, regroupant l’ensemble des acteurs publics et privés et répondant aux besoins en termes de formation du privé. Ils rappellent les « pôles de compétitivité » de l’enseignement supérieur qui aboutissent actuellement à des fusions d’établissements, entraînant des réductions de personnels et la mise en place d’une sélection au lieu d’augmenter le nombre de places pour les étudiants dans le supérieur.

 

Nous réaffirmons donc nos oppositions à la réforme du lycée, à la réforme du bac général, à la suppression des CIO, à la réforme du lycée professionnel, à ParcourSup,  et rappelons que ces réformes du système éducatif ne feront que dégrader les conditions de travail, ce qui est une des causes des difficultés de recrutement dans de nombreuses disciplines.

 

Dans le même temps, nous sommes aussi attaqués sur notre statut de fonctionnaire et cela va influer sur nos carrières et la gestion des personnels.

 

Sous prétexte de modernisation de la fonction publique, le gouvernement est en train de travailler sur quatre « chantiers ».

 

Le premier « chantier » est la remise en cause des instances représentatives des salariés : les commissions paritaires perdraient quasi toutes leurs prérogatives concernant nos carrières. Nous rappelons que ces instances ont été créées pour éviter l’arbitraire dans la carrière des agents et assurer ainsi l’indépendance du service public face aux pressions du politique, suite à la Libération.

Le deuxième « chantier » est la mise en place d’une précarisation accrue, or, nous trouvons que l’éducation nationale use déjà trop de la précarité. Nous demandons d’ailleurs la titularisation des contractuels et la création de corps de fonctionnaires pour le travail effectué par les AED et les AESH. Le recours à la précarité ne répond qu’à court terme au problème des postes non pourvus, nombreux dans certaines disciplines. Seule la création conséquente de postes de fonctionnaires permettrait de répondre aux besoins sur l’ensemble des territoires.

Le troisième « chantier » est l’évolution de la politique de rémunération. La proposition est de tendre vers un salaire plus individualisé, plus au mérite. La pratique du PPCR nous renforce sur nos inquiétudes face à ces logiques. La mise en place du RIFSEEP pour nos collègues administratifs montrent bien les dérives vers une fonction publique d’emploi et non de carrière  : à catégorie égale, les salaires sont différents selon le poste occupé, pour des raisons souvent que la raison ignore. A l’heure où on préfère supprimer des collèges REP+ et donc les compensations financières dont bénéficient les collègues qui y travaillent, nous doutons que ministère et rectorat envisagent des compensations financières pour les professeurs appelé-e-s à enseigner dans les zones peu attractives de notre académie.

Le quatrième « chantier » revient sur la logique de mobilité des agents en voulant faciliter les départs volontaires. Mais curieusement, comme avec la loi travail dans le privé, les indemnités de départs ne prennent pas en  compte l’ensemble de la carrière de l’agent mais correspondent seulement à deux ans de salaire.

Au-delà de l’aspect budgétaire de ces réformes, nous restons circonspects sur leur aspect idéologique qui substitue la valeur de compétitivité entre individus, entre salariés, entre établissements, à celle de l’égalité républicaine.

La CGT Educ’action réaffirme son opposition à toutes ces réformes liquidatrices des services publics qui aggraveront et aggravent déjà toutes les inégalités, qu’elles soient sociales et territoriales, au détriment de l’avenir de la jeunesse et au prix d’une aggravation des conditions de travail des collègues.

 

Cet après-midi,  à la CAPA des PLP, nous traiterons deux points importants pour les conditions de travail : le mouvement intra et les refus de temps partiel.

 

Sur le mouvement intra académique, les nouveautés de cette année ont profondément perturbé la procédure, pour les organisations syndicales mais surtout pour les personnels.

Nous demandons à ce qu’à l’avenir les collègues puissent à nouveau modifier leurs vœux jusque la tenue des GT barèmes, même si l’administration n’a pas procédé à une modification du barème.

De même, nous demandons à ce que les collègues puissent fournir les éléments justificatifs de leurs éléments de barème jusqu’à la tenue du groupe de travail.

Nous voulons redire combien, devant la pénurie de postes, il devient extrêmement difficile, voire impossible pour de nombreux TZR de se stabiliser correctement.

Quant aux collègues en MCS, nous risquons de le constater : ce n’est pas une bonification à 5000 points qui garantira une affectation au plus proche, à moins que l’administration ne considère que 200 km ou plus soit une distance acceptable…

Mais, de façon générale c’est le droit à la mobilité des personnels dans leur ensemble qui est ainsi remis en cause depuis des années.

Le problème de fond demeure la poursuite de la politique de suppressions des postes. Et ce n’est pas l’inflation de certains éléments de barèmes qui pourra garantir la moindre affectation acceptable.

Sur les refus de temps partiels, le Rectorat a choisi cette année d’étendre à tous les collègues du second degré le fait de « motiver » leur demande de temps partiel sur autorisation, ceux-ci étant accordés « sous réserve des nécessités de service ».

Les motifs pour lesquels les collègues demandent des temps partiels peuvent être très divers, allant des contraintes familiales à l’investissement dans d’autres activités, en passant par la fatigue consécutive à la lourdeur des tâches, ou les conditions de travail aggravées. Rappelons en outre qu’un temps partiel signifie renoncer à une partie de son salaire, avec les conséquences pour la retraite.

12 disciplines ont été jugées déficitaires : Lettres Classiques, Histoire-Géographie, Anglais, Philosophie, SES, Mathématiques, Sciences Physiques, SII, Technologie, Lettres-Histoire/Géographie, Lettres-Anglais et Maths-Sciences.

La très grande majorité des collègues de ces disciplines qui demandaient un temps partiel se le sont vus refusés s’ils ne répondaient pas à certaines conditions : plus de 59 ans, enfant de moins de 7 ans, enfant handicapé et difficultés de santé (sur avis de la médecine de prévention).

Si nous savons que les difficultés de remplacement dans certaines disciplines sont réelles, notre organisation pointe régulièrement l’insuffisance de personnels notamment de titulaires sur zone remplacement. Et les collègues sollicitant un temps partiel sur autorisation n’ont pas à subir la pénurie de moyens.

La CGT Educ’action demande au Rectorat d’accorder les demandes de temps partiels aux collègues qui le demandent.

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