Une rentrée « ordinaire » ?

Partout dans l’académie, nous avons rendu hommage le 3 octobre à notre collègue Christine Renon. En Haute Garonne un taux de grévistes de 45% dans le 1°degré, des rassemblements de plusieurs centaines de personnes à Toulouse, Albi, Tarbes…Des actions, des débrayages, des rassemblements ont eu lieu aussi dans de nombreux collèges et lycées. C’est une immense vague d’émotion et de colère. Les mots de Christine ont fait écho à notre quotidien : les « petits rien », la charge mentale, la perte du sens du métier, les injonctions hiérarchiques, l’épuisement…

La pétition intersyndicale « plus jamais ça » a été signée en quelques jours par plus de 100 000 personnes !

Comme d’habitude le ministère a qualifié cette rentrée de « normale » et même de « réussie » !

Sur le terrain, les mobilisations de rentrée dans plusieurs établissements de l’académie témoignent qu’il n’en est rien ! Citons les collèges Paul Eluard de Tarbes, Gambetta de Cahors, Aubertine Auclair, Berthelot, Toulouse Lautrec de Toulouse, les lycées des Arènes, Rive gauche, Déodat de Toulouse.  Les personnels ont dénoncé les classes surchargées et le manque de moyens pour faire notre travail correctement. 36 élèves en seconde, c’est devenu la norme, et en collège le nombre d’élèves dépasse très souvent les 30 élèves.

En cette rentrée l’application des réformes aggrave encore la situation.

En lycée général par exemple, la réforme se traduit par des élèves « perdus » du fait de l’éclatement du groupe classe, une équipe pédagogique qui peut aller jusqu’à 50 personnes, des emplois du temps étalés sur toute la semaine pour élèves et enseignants. Pour les élèves cela signifie perte de repères et pression supplémentaire avec la perspective des premières épreuves de contrôle continu en janvier. Soit disant cette réforme était pour éviter le stress du Bac, mais le stress les élèves l’auront pendant 2 ans, avec en plus la pression instaurée par la sélection de « parcoursup » ! Nous avions dénoncé cette réforme comme profondément inégalitaire et nous allons continuer à le faire !

En lycée professionnel, c’est le début en seconde de la « co-intervention » : cela signifie là aussi des contraintes en matière d’emplois du temps mais aussi des difficultés et du travail supplémentaire car il n’y a pas de temps de concertation prévus. Les heures de cours sont réduites et on sait que ce sera encore pire les 2 années prochaines ! Quant au regroupement en « familles de métiers », cela se traduit bien souvent là aussi en perte de repères pour les élèves, et nous savons que cela a pour conséquence une perte encore en professionnalisation.

Participez à l’enquête intersyndicale sur les conditions concrètes de la mise en œuvre de la réforme.

Enfin, le ministère communique beaucoup sur « l’école inclusive » ! Le ministère veut compenser le manque d’accompagnant.e.s par une mutualisation renforcée. Ainsi, les AESH suivent à présent plusieurs élèves dans la même classe, souvent avec des besoins différents. Et dans certains cas, elles peuvent intervenir dans le cadre d’un « bassin » qui peut regrouper écoles, collèges et lycées ! On leur en demande toujours plus et avec un salaire toujours dérisoire.

Cette année scolaire qui débute n’est pas placée sous les auspices de la résignation mais de la colère. Nos collègues du lycée Bourdelle l’ont déjà exprimé lors des réunions de pré-rentrée.

« Le ministère de l’Education a l’habitude qu’on gère en bons fonctionnaires, mais c’est fini ça »

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