Détricotage du service public d’éducation dans les zones rurales

Le Ministre Blanquer nous a annoncé que les fermetures de classes  ne « dépasseraient pas » les  200 ou 300 classes dans les  départements ruraux,  ce chiffre ne tenant pas compte des zones rurales des départements urbains, devraient en fait atteindre les  600 classes fermées en zone rurale !

Mais au-delà de la querelle des chiffres, c’est toute la politique de détricotage des services publics de proximité sur nos territoires ruraux qui est en question.

Avec une dotation nationale de 89 postes notre académie doit faire face à une dotation positive certes, mais très insuffisante pour la mise en place de dédoublement des CP et CE1 en REP et REP+, de 130 postes pour la Haute Garonne, 3 pour le Tarn et 2 pour le Tarn et Garonne ; il manque donc 46 postes, les 5 départements ruraux, en l’occurrence, variables d’ajustement, vont devoir rendre 42 postes : moins 12 pour le Lot, moins 11 pour le les Hautes Pyrénées, moins 10 pour le l’Aveyron, moins 7 pour le l’Ariège, moins 2 pour le Gers…

Quand la mise en compétition des territoires rime avec désertification.

Cette gestion purement comptable ne tient aucun compte des spécificités des territoires ruraux et met en concurrence les villes et les zones rurales.

L’école rurale, au-delà du seul domaine scolaire et de l’intérêt premier des enfants, est au cœur de la dynamique des territoires : les fermetures de classes en milieu rural ont pour corollaire à plus ou moins long terme la fermeture des écoles de village, derniers services publics dans nos campagnes,  et pôle primordial de l’attractivité d’un territoire  pour d’éventuels nouveaux habitants.

Nous refusons la disparition des petites écoles programmée à grande échelle pour des raisons d’aveuglement gestionnaire car « L’école est un  bien commun qui se doit d’être présent de manière équilibrée sur tout le territoire. C’est un impératif. »(AMRF).

Le déficit public, la dette des plus riches envers le pays.

Quant à ceux qui nous ramènent au déficit public, lequel justifierait de réformer ce qui a bien marché jusqu’ici, qui marche encore très bien, et qui permet d’apporter des réponses positives aux problèmes éducatifs contemporains,  nous leur proposons une autre réforme : celle d’orienter leur volonté politique à contrôler les quelques 150 à 225 milliards d’euros de recettes fiscales qui nous échappent chaque année dans le cadre de l’évasion fiscale. C’est-à-dire 10 fois le PIB annuel de la France !

Ainsi nous pourrons enfin envisager sereinement de lutter efficacement contre les inégalités scolaires, la paupérisation des banlieues et des territoires ruraux, la généralisation des populismes et la montée de l’extrême droite.

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